HISTOIRE DU SOUS-MARIN Q-168 "LE GLORIEUX"

"Le Glorieux" est  un sous-marin de 1ere classe de grande patrouille dit "1500 tonnes" de type Redoutable. construit à CHERBOURG lancement le     29 novembre 1931 et mis en service le 1er juin 1934.

Cette série de sous-marins, la plus grande construite en France, comprenait 31 navires : Redoutable, Vengeur, Pascal, Pasteur, Henri Poincaré, Poncelet, Archimède, Fresnel, Monge, Achille, Ajax, Actéon, Achéron, Argo, Prométhée, Persée, Protée, Pégase, Phénix, Espoir, Le Glorieux, Centaure, Héros, Conquérant, Tonnant, Agosta, Bévéziers, Ouessant, Sidi-Ferruch, Sfax et Casabianca.

Retiré du service actif à Toulon le 27 octobre 1952.

S’évade de TOULON le 27 novembre 1942 évitant ainsi le sabordage. Après une courte escale à VALENCE, ralliera ORAN et reprendra le combat avec les alliés. 

 


 

Caractéristiques

  • Longueur : 92,30m 

  • Largeur : 4,90m

  •  Hauteur : 8,2m

  •  Déplacement : 1 379 tW 1 570 tonnes en surface 2 060 tonnes en plongée

  •  Dimensions : Longueur : 92,30 m Largeur : 8,20 m Tirant d’eau : 4,70 m

  •  Propulsion : 2 moteurs diesel (9 cylindres) Sulzer de 4300cv - 2 moteurs électriques Alsthom de 1000cv

  •  Vitesse : 18,6 noeuds en surface 10 noeuds en plongée

  •  Combustible : 226 m3

  •  Plongée : Max 80m, limite essais : 90m

  •  Autonomie : 4000 nautiques à 17 noeuds et 10000 nautiques à 10 noeuds en surface 100 nautiques à 5 noeuds en plongée

  •  Équipage : 5 officiers - 14 officiers mariniers - 45 quartiers-maîtres et matelots

Armement

        Artillerie principale

            1 canon de 100 mm/40 modèle 25 (150 coups embarqués)

            1 canon de 37 mm

        Artillerie anti-aérienne

           2 mitrailleuses Hotchkiss de 13,2 mm AA (1 canon jumelé)
  • Tube lance-torpilles

           9 Tubes lance-torpilles de 550 mm avec 12 torpilles - 2 Tubes lance-torpilles de 400 mm

 

Journal de bord

Date... Évènements
01 avril 1929 Tranche 1929 - Mis en chantier
10 février 1930 Mis sur cale à l'arsenal de Cherbourg
29 novembre 1931 Baptisé "LE GLORIEUX"
1332 Lancement et prise de commandement par le CV DERRIEN
01 janvier 1933 Armement pour essais
22 juin 1933 Présentation en recettes
31 décembre 1933 Entrée en armement définitif
01 mai 1934 Clôture d'armement
01 juin 1934 Armateur : Marine nationale (FRANCE), croisière d'endurance aux Antilles
1935 Affecté à la 3ème escadrille des Sous-marins à Toulon
1936 Croisière en extrême orient avec la SM "Le Héros" (Cdt : LV LHORTIOIR)
1936 à 1939 Nombreux exercices avec la première escadre de la Méditerranée (Cdt LV PETITOT) et carénage aux chantiers de la Ciotat
1939 Opérations au Maroc puis en AOF
20 juillet 1939 Prise de commandement du LV CHAMPET
septembre 1939 Déclaration de guerre, affecté aux ordres de l'Amiral OLLIVE aux patrouilles de l'Atlantique Sud. Basé à Dakar ou Casablanca. Surveillance des îles Canaries-Les Açores et Madère refuges des navires allemands
juin 1940 Armistice, retour de patrouille et mouillage à Dakar
2 juillet 1940 En exercice devant Dakar en surface est bombardé par un avion du porte avion anglais HMS "Hermés", plongée et alerte (pas de dégâts)
8 juillet 1940 Attaque du cuirassé "Richelieu" par des avions torpilleurs du porte avion anglais HMS "Hermés. "Le Glorieux" et le SM "Héros" poursuivent le HMS "Hermés" qui se réfugie avec son escorte à Freetown
août 1940 Appareillage de Dakar pour Casablanca pour escale de longue durée
octobre 1940 Appareillage pour Toulon, passé le détroit de Gibraltar l'équipage est mis au poste de combat escorté par un aviso anglais dans le détroit
octobre 1940 Arrivée à Toulon (Missiessy), mise en gardiennage sur ordre de la commission d'armistice Allemande et Italienne. L'équipage est réduit, uniforme sans insigne de grade, casquette au lieu du bonnet pour les matelots et QM.
janvier 1941 Carénage avant affectation a Madagascar; prise de commandement du LV BAZOCH
septembre 1941 Appareillage pour Madagascar avec le SM "Héros" (Cdt LV LEMAIRE), escale à Casablanca et Dakar
octobre 1941 Basé à Madagascar
novembre 1941 Attaque à la torpille d'un navire marchand Anglais au large du Cap de Bonne Espérance (but manqué)
27 novembre 1941 Il appareille et mouille à Diégo Suarez où se trouvent les SM "Espoir" (Cdt DELORT) et le SM "Bévéziers" (Cdt RICHARD)
décembre 1941 Appareillage de Diégo Suarez pour Djibouti surchargé de vivre pour ravitailler la population victime du blocus anglais. Il est escorté par l'aviso "D'Iberville" (Cdt CF MAS DE St MAURICE)
24 décembre 1941 En plongée au Cap de Gardafuy il est arraisonné par l'aviso anglais "Indus" que le "D'Iberville" attaque et met en fuite. Surface dans la rade de Djibouti, amarrage au quai de Versailles, visite de l'équipage du pétrolier "Elorn" bloqué à Djibouti depuis l'armistice. Accueil délirant de la population Européenne et locale. L'équipage de l'"Elorn" apprécie le rhum de Diégo.
janvier 1942 Appareillage de Djibouti avec le "D'Iberville" et le pétrolier "Elorn" pour Diégo Suarez, il est escorté par ces 2 navires jusqu'au Cap de Gardafuy. Lors du retour à Djibouti, il est bombardé par un avion de la RAF. Dans la soirée il est mouillage à Djibouti
février 1942 Appareillage de Djibouti pour Diégo (passage aux îles Nossi-bé et La Réunion
2 mai 1942 Mouillage à Majunga, les mécaniciens du bord réparent les 2 moteurs Diesel de la cimenterie du pays
5 mai 1942 Appareillage de Majunga pour la baie du Courrier. La flotte anglaise attaque et débarque à Madagascar. Ils coulent Les SM "Bévéziers", "Monge", "Héros", les avisos "D'entrecastreau" et "Bougainville". "Le Glorieux" attaque sans succès le porte avion anglais "Illustrious"
16 mai 1942 "Le Glorieux" rejoint le "D'Iberville" à Androka au sud ouest de l'île et ils mettent le cap sur Dakar toutes liaisons radios coupées avec Diégo Suarez. Le "D'Iberville" ravitaille en pétrole "Le Glorieux". Les vivres et l'eau douce sont rationnées.
20 juin 1942 Le croiseur auxiliaire "Quercy" vient à la rencontre du convoi qui se traîne péniblement sur un moteur Diesel pour économie de carburant et les ravitaille en pétrole, eau et vivres frais
22 juin 1942 "Le Glorieux" s'amarre au "Jules Vernes" à Dakar après 47 jours de mer dans des conditions très pénibles (manque d'eau et de vivres). Mauvais accueil de la part du Capitaine d'Armes, le 1er fusilier Rommel du "Jules Vernes". L'équipage est très éprouvé et fatigué
10 juillet 1942 Appareillage pour Toulon avec escale à Casablanca et inspection de l'Amiral d'Harcourt
18 juillet 1942 Mouillage à la base sous-marine de Missiessy, belle réception au sous-marin seul rescapé de Diégo
20 juillet 1942 Mise en gardiennage du bateau par les Commissions d'Armistice dans les même conditions que la première fois
11 novembre 1942 Prise de commandement par le CC MEYNIER. Armement du bateau à la suite du débarquement des Américains en Afrique du Sud
27 novembre 1942

Sabordage de la flotte de Toulon

5h30 du matin : évasion de Toulon avec le tiers de service, 2 officiers mariniers et l'état major (soit 35 hommes sur un effectif de 75) (voir la citation jointe)

28 novembre Escale à Alicante (Espagne) et appareillage rapide sous la menace d'un internement par les autorités espagnoles en accord avec le gouvernement de Vichy
30 novembre 1942 08h00 du matin surface au large d'Oran et mouillage à la base sous-marine (mauvais accueil de la part des autorités maritimes d'Oran
24 décembre 1942

"Le Glorieux" est cité à l'ordre de l'Armée de Mer, son fanion reçoit la médaille des évadés. Il rallie les Forces Navales Combattantes Libres

Cette évasion de Toulon fut sanctionnés par le gouvernement de Vichy en application du code pénal article 75 du 27 juillet 1940. Les équipages des sous-marins "Le Glorieux", "Casabianca" et "Marsouin" coupables de trahison sont punis de la peine de mort par contumace

janvier 1943 ¨Patrouilles et exercices en Méditerranée, le bateau très fatigué par son périple de Madagascar  a fait l'objet de réparation sommaires
avril 1943 Prise de commandement du LV PIOT. Affecté aux îles Bermudes il assure des patrouilles dans le légendaire triangle des Bermudes à la recherche des ravitailleurs des UB allemands et effectue des exercices avec l'aéronavale américaine, les destroyers et les sous-marins anglais.
octobre 1943 Appareillage pour le Navy-yard de Philadelphie aux USA. Le bateau à bout de souffle n'ayant pas eu de grandes réparations depuis le carénage de 1941. De très nombreux accus des batteries sont pontés hors service et les Diesels sont très fatigués. Modernisation du bateau, pose d'un radar, sondeur, sonar, écoute JP, bouilleur électrique, ... Les frigo sont remplis de vivres frais. Ces travaux sont faits en prévision de l'affectation du SM   "Le Glorieux" aux forces maritimes Alliées du Pacifique
février 1944 séjour à la base sous-marine de New London pour essais après le carénage puis patrouilles en Atlantique
mai 1944

Suite aux événements du Pacifique "Le Glorieux" rejoint le Casablanca escorté d'un destroyer américain après la perte du SM"Perle" coulé par erreur par un avion Canadien en Atlantique

Escale aux Bermudes pour réparation suite à une entrée d'eau aux moteurs électriques de propulsion par fuites des aéroréfrigérants

mai 1944 Mouillage à Casablanca. Prise de commandement du LV LEROY qui succède au LV PIOT
juin 1944 Appareillage pour Oran (Algérie), le LV PIGNAL est remplacé par le LV GUILLOU; patrouilles et exercices en méditerranée
22 décembre 1944 Retour à Toulon du SM "Le Glorieux" 2 ans après le sabordage de la flotte. Amarrage au quai de la Vigie. Il effectue ensuite de nombreuses rotations entre Toulon et l'Algérie
avril 1945 Affecté à la base sous-marine de Missiessy (logement au Vème dépôt de Toulon
1946 Carénage à Cherbourg puis affecté à la base sous-marine de Brest
1947 Effectue une croisière en Afrique Occidentale
1949 Affecté au GASM à Toulon, il prend le nom de Casabianca pour tourner le film "Le Casabianca" (le Casa étant désarmé)
1950 Désarmement du SM "Le Glorieux" pour sa mise en réserve qui incombe à son dernier commandant le LV BROWN DE COLSTOUN et à l'ingénieur Mécanicien KERNEIS
27 octobre 1952 Condamné
1956 Vendu par les services des douanes de Toulon à une entreprise de démolition italienne

Distinctions honorifiques du SM "Le Glorieux"

20 décembre 1942 L’Amiral de la flotte, haut commissaire en Afrique française Cite à l’ordre de l’Armée de mer

Sous le commandement du Capitaine de Corvette Meynier, "Le Glorieux" étant partiellement indisponible à la base du Mourillon à Toulon, a le 27 novembre, dans la nuit et sous le feu des premiers ennemis parvenus sur les quais, réussi un appareillage précipité, avec son État-major, un équipage sommaire et une maistrance réduite à deux Officiers Mariniers. Attaqué en rade par bombes et grenades, poursuivi par des vedettes rapides mouillant des filets indicateurs, est parvenu à sortir des passes. Plongeant et manoeuvrant sans compas a esquivé le contact ennemi maintenu jusqu’à la nuit. Ayant gagné Alicante en Espagne, un port neutre, le 28 novembre, en est reparti en hâte sous la menace d’un internement, pour gagner Oran, le 30 novembre au matin. A donné ainsi un splendide exemple de valeur et de discipline collective suppléant à l’entraînement d’ensemble, esprit de décision, énergie, connaissance technique et abnégation de tous, Commandant, État-major, Maistrance et Équipage a maintenu haut son pavillon en échappant au sabordage des forces de Haute Mer.

L’ensemble de l’équipage du SM "Le Glorieux" a droit au port de la médaille des évadés

Médailles obtenues :

  • Croix de guerre  Ordre de l'armée de Mer N° 133M du 20/12/1942
  • Médaille de la résistance décret du 29/11/46 Jo du 05/12/1946
  • Médaille des évadés ordre N°1443 MGP/CK du 07/05/1943
  • Médaille de l'Afrique noire arrêté N° 1 du 07/01/1942
  • Lettre de félicitations N° 186 du 22/01/1943

Tel est l'histoire du SM "Le Glorieux" dernier naviguant d'une série de 31 sous-marins de type 1500 tonnes. Il a parcouru de nombreux milles marins sous les ordres de 12 Commandants de 1932 à 1950.

Cet historique a été rédigé par le Premier Maître mécanicien Raoul JULIEN embarqué sur sur le SM "Glorieux" de 1937 à 1946.

 

État-Major du SM "Le Glorieux" de 1932 à 1952

ANNÉE COMMANDANT OFFICIER EN SECOND INGÉNIEUR MÉCANICIEN OFFICIER EN 3 OU 4

1932

1335

CC DERRIEN

 

 

 

1935

1937

CC LHORTOIR

LV BAZOCHE

IM KERFRIDIN

 

1937

1939

LV PETITOT

LV PETIT

IM2 MARCELLIN

O3 CLAVIER

1939

1941

LV CHAMPEL

LV MORAL

IM1 LAIR

O3 DEBESAUCEL

O4 EV BONNARD

1941

1942

LV BAZOCHE

LV CLAVIER

IM1 KAISER

O3 EV1 TRAONMILIN

O4 EVI CAMUSSOT

1942

1943

CC MEYNIER

LV CLAVIER

IM1 CARIOU

O3 EV1 COSSE

O4 EV1 OLLIVE

1943

1944

CC PIOT

LV PIGNAL

IM1 CARIOU

O3 EV1 OLLIVE

O4 EVI CAMUSSOT

1944

1946

LV ROY

LV GILLOU

IM1 PIERRET

O3 EVI CAMUSSOT

O4 EV1 EMEURY

 

LV DOUCE

LV FRANCOIS

IM1 PERISSE

EV1 DESHAYES

 

LV CRESCENT

 

 

 

 

LV CASTEL

 

 

 

1950

1952

LV BROWN DE COLSTOUN

 

IM1 KERNEIS

 

Officiers Mariniers et Équipage à bord du SM "Le Glorieux" de 1937 à 1946

TIMONIER MÉCANICIEN ÉLECTRICIEN TORPILLEUR RADIO FUSILIER  / CANONNIER
PM TIRILLY Mt QUEFFELEC PM GUICHAOA PM DERRIEN SM VACOGNE MONFORT
Mt GENDRON Mt ETIENNE PM FERRAND Mt ROSUEL SM REMY DOMET
PM CAP Mt BERTOLA Mt GUILLOU Mt MOYSAN SM GONDOIN DONATI
QM WASILIEF Mt CHARVET Mt NUE SM MORVAN Mt LE MOIGNE SCHMIDT
QM OREFICE Mt NEGRE Mt LE FRIEC SM JACQUES QM CIRAC COLIN
QM LOUARN Mt DILOSQUER Mt KERAMPICHON QM CORNETTE QM THERENE VAUGARNI
QM DUCROT THIAVILLE SM PINARD QM GERBER QM FAVREAU  
QM LAFLEUR Mt CARN SM PALUD QM DESMOULINS QM HULLARD  
QM KREMER Mt COAT SM HARDY QM MERER QM REY  
QM LE MEUR Mt BROUDIN SM FERRAUD QM CHEVALIER    
  PM DELNIEPPE SM CASTILLON QM ANTOSANTI    
MÉCANICIEN PM FLECK QM JACQUELINET Mt MOISANT BOSCO CUISINIER
ABRAN PM MUNCH QM JAN QM CORTAMBERT QM CASTEL THEVENOT
BESSON PM CAILLET QM PERSON QM TAMARELLE QM DURAND CHABRAN
CHOURAQUI PM BAILLY QM PANNEAU QM CAMPENER QM QUEMARD SIPIERRE
LEJEUNE PM LAGUEILLE QM JONAS PM PRUNIER QM HALL  
SM JEGO PM JULLIEN QM JEANJEAN MT TREGUIER    
QM TELLIER PM GLORENNEC QM GARNIER     MAITRE D'HOTEL
QM BOHEC PM LE MEUR QM FAGET   FOURRIERS SICRE
QM GARBAY PM MESLEARD QM BOUCHEZ   DRAPPIER AIMOZ
QM TATON QM RENAUDIN QM COLLIGNON   PUJOL CAMERLOT
QM BOULANGER QM ASPE QM JAOEN      
QM REVERCHON QM CHENAVAR QM RUMEBE      
QM QUINIAT QM SUDREAU        
QM GRANDGIRARD QM ARQUIER  

NOTA : Faisant appel à ma mémoire cette liste est incomplète, je m'en excuse. Elle peut permettre de se souvenir des noms d'anciens camarades

                                                           Raoul JULIEN

                              Embarqué sur sur le SM "Le Glorieux" de 1937 à 1946

QM MORAL QM PANNEAU  
QM VEYRENT QM TOUDIC  
PM SALAUN QM MABIRE  
PM BOYER QM FEUTEUNA  
PM LANGONET QM BALLOT  

 

« "Le Glorieux" et les risques du métier »

Les circonstances ayant provoqué le décès du quartier-maître DUMAS sont inhérentes aux dangers permanents et omniprésents de la vie à bord d'un sous-marin. Tous ces dangers sont contenus, et c'est une évidence, dans un espace restreint où l'espace vital réservé aux sous-mariniers en est réduit à sa plus simple expression. Les équipements de ce fait occupent les volumes les plus importants, et s'ils sont nécessaires et indispensables à la bonne marche du navire, ils ne laissent que peu d'espace de vie à ses occupants.

La propulsion de ce type de navire, appelé par définition à naviguer sous l'eau, nécessite un couplage de moteurs diesels et de moteurs électriques, les uns étant reliés aux autres par l'intermédiaire d'alternateurs se relayant en fonction de la navigation de surface ou de plongée. Le moteur diesel est gros consommateur d'oxygène, ce qui implique que son utilisation ne peut être effectuée qu'en surface, ou à défaut en immersion périscopique. Un manchon appelé Schnorchel, émergeant en surface alimente et renouvelle en air frais le bâtiment. Pendant l'immersion profonde, pour cette raison, il ne peut plus être utilisé. Seul le moteur électrique est sollicité, et dans les limites de capacité des ses batteries qui sont plus ou moins opérantes en fonction des exigences de vitesse imposée, aussi du temps d'énergie disponible, de la puissance requise et donc du niveau de charge. Les batteries au plomb, de grosse capacité, alimentent le moteur électrique. L'électrolyte utilisé, solution d'acide sulfurique concentré, fait la liaison inter électrodes de chaque élément individuel, connecté en série, pour former une batterie.

Cette technologie en vigueur à l'époque, est le meilleur compromis dans les rapports de masse, d'autonomie et de puissance. Elle a aussi des inconvénients majeurs :

  • L'hydrogène et l'oxygène sont produits par électrolyse lors de la charge des batteries. L'émission de ces gaz peuvent former avec l'air ambiant un mélange détonnant, en cas de surcharge d'un ou de plusieurs éléments de batterie, ou quand l'un de ceux-ci est, à l'inverse, en sous charge, ce qui dans ce cas peut entraîner une inversion de polarité tout aussi dangereuse d'un ou de plusieurs éléments défaillants.

  • L'acide sulfurique (électrolyte) contenu dans chaque élément est hautement corrosif, par contact direct ou par émanation de gaz : la peau, les yeux, les voies respiratoires ou digestives peuvent être atteintes, la nocivité étant pratiquement immédiate. Les brûlures occasionnées sont souvent importantes et définitives, souvent irréversibles.

La maintenance de ce matériel, et les vérifications nécessaires, est de la plus haute importance ; c'est entre autres, un des éléments de survie du navire.        Les inspections sont rendues périlleuses, et nécessitent non seulement de veiller aux mesures de sécurité nécessaires, mais d'effectuer aussi les bons diagnostics lors des interventions.

Celles-ci ont pour but de vérifier les niveaux d'électrolyte, le niveau de tension, la température, le tarage des connections électriques, les fuites possibles de liquide, la détection de vapeurs nocives etc…(certains sous mariniers évoquent l'utilité et la présence indispensable du chien mascotte à bord, plus apte à révéler la présence de ces vapeurs suspectes).

Tout consiste donc à repérer tout élément défectueux, et au besoin à l'isoler, avant que toute surchauffe intempestive n'entraîne de dégradations importantes difficilement maîtrisables. Si l'on rajoute la difficulté d'accès à ces composants, où l'espace réduit limite les mouvements et où la plupart du temps le visage de l'intervenant est très proche des orifices de niveau, ou des bornages de jonctions électriques, il est facile d'imaginer la difficulté des interventions. Sur certains bâtiments, celles-ci étaient réalisées sur chariot mobile où l'opérateur était allongé faute de hauteur.

Il est certain que ce type d'incident, ou d'accident, a pu être évité mais il est plus que probable qu'il a du survenir à maintes reprises. La littérature n'en fait pas beaucoup état, seuls les journaux de bord pourraient révéler l'ampleur des incidents et leurs niveaux de gravité. Le quartier maître DUMAS est l'exemple même de l'existence de pareils évènements, qui peuvent mettre en péril non seulement les intervenants dans leur mission de contrôle, mais aussi le navire et son équipage.

 

Documents...

  • Histoire de Guerre n°45 (mars 2004)
  • Internet
  • Photographie
  • Photos SM "Le Glorieux" en construction à l'arsenal de Cherbourg

Sous marin "Le GLORIEUX" : 10 messages publiés sur site Section Rubis

27 juin 2007

  • Jacquelinet Louis ayant fait partie de cet équipage nous à raconté qu’après être reste plus de 80 jours en plongée est arrivé aux États-Unis ou il à été soigné,  pouvez vous me dire ce qui est vrai dans tout cela je suis sa fille et mon père étant décédé j’aimerais connaître son histoire en vous remerciant

30 août 2007

  • Bonjour Je suis le fils de Henri Brinio radio à bord du SM "Le Glorieux". Mon père mentionnait ce voyage aux USA ( PHILADELPHIE) pour l’installation du radar, année 1943/1944 ? à confirmer. Je suis moi aussi à la recherche de tout document et historique sur le "Glorieux" et sur le sous marin sur lequel il avait servi.

31 août 2007

  • Bonjour, En effet "Le Glorieux"à dans un premier temps, été employé à l’entraînement des forces ASM US et basé aux Bermudes,en août 1943, avant d’être modernisé à PHILADELPHIE en 1944 et recevoir : air conditionné, radar veille aérienne et surface, appareil d’écoute plus performant, traceur de route, bathytermographe, pompes insonorisées. Affecté ensuite au GSM ORAN en 1945.

1er septembre 2007

  • Bonjour Merci de ces informations. Savez vous où je pourrai me procurer des photos de l’équipage , les états de service du navire, ses missions, ...  et de tout ce qu concerne cette unité ? Merci

2 septembre 2007

  • Une photo de l’équipage du SM "Le Glorieux" prise à MERS EL KEBIR en 1942 est en ligne dans la rubrique "EMBARQUEMENTS" et sous rubrique le "Glorieux".

    Le SHM de TOULON (Service historique de la Marine) possède dans la rubrique des forces navales (Lettre C) les archives concernant le "Glorieux"       (1939 - 1950) sous le n° 243 C.

    Voir cependant les conditions de communication des archives avec le SHM.

    Le lien :  http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

 

24 janvier 2008

  • Bonjour, je suis le petit-fils de Lucien BOUCHEZ électricien à bord du SM "Le Glorieux" pendant 3 ans et demie de 1942 à 1945, et je pense probablement le plus jeune membre de l'équipage. J ai encore en ma possession des photos inédites de membres de l’équipage à Toulon avant le sabordage et en Afrique du nord, une aussi du Lt OLIVE prise pendant la traversée des BERMUDES quand ils se sont rendus à PHILADELPHIE. Avec un peu de chance je devrais retrouver aussi son journal intime où il a décrit les premiers temps de la fuite du GLORIEUX ainsi que l’original, d’époque,de la condamnation du régime de VICHY dont il a été l’objet, comme tout l’équipage, pour vol de matériel à la suite de l’évasion du sous-marin.

24 janvier 2008

  • Vous avez là des documents d’une grande richesse historique, témoignage d’une partie sombre de notre histoire pour les uns, mais riche et vécu pleinement pour les autres. C’est avec plaisir que nous pouvons mettre vos témoignages en ligne sur notre site si vous le souhaitez. Voici mon adresse courriel : secretaire@sectionrubis.fr

3 février 2008

  • Un ancien du SM "Le Glorieux", âgé maintenant de 86 ans fait partie de l’amicales des cols bleus de St Quay-Portrieux que je préside. Il se souvient avec une très grande précision de l’épopée du SM "Le Glorieux" qu’il a du quitter après un grave accident survenu en 1943 en mer au large des bermudes. J’établis en ce moment un dossier afin que la légion d’honneur lui soit décernée

6 février 2008

  • Comme indiqué dans une précédente réponse Jean Bohec l’un des deux ou trois derniers survivants du SM "Le Glorieux" est adhérent aux Cols Bleus de  St Quay-Portrieux, il m’a confié que Lucien Bouchez était son meilleur ami à bord. Je pense qu’il serait demandeur de photographies et qu’il pourrait vous donner des informations sur cette période. Si vous le souhaitez vous pouvez m’adresser les photos par courriels, je les lui ferai parvenir.

6 février 2008

  • Comme indiqué dans un précédent courrier, Jean Bohec, un ancien du Glorieux est adhérents aux "Cols Bleus" de St Quay-Portrieux 22410. Lucien Bouchez était son meilleur ami à bord. A mon avis des échanges de photos et d’informations doivent être possibles.

 

MÉDAILLE DE LA RÉSISTANCE ( 9 février 1943 )

 HISTORIQUE & MODALITÉS D’ATTRIBUTION

 Créée à Londres le 9 février 1943, par ordonnance du Comité National Français ; la Médaille de la Résistance était destinée à « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l’Empire et à l’étranger, auront contribué à la résistance du peuple français contre l’ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940. »
Elle était décernée par le général de GAULLE ( le chef de la France combattante ), sur proposition d’un commissaire national et avis, sauf en cas d’urgence, d’une commission de quatre membres, nommés par le chef de la France combattante. La maquette de la médaille fut soumise à l’approbation du général de GAULLE et les premiers exemplaires ont été réalisés à Londres par la maison J.G. GAUNT and SON.
L’ordonnance du 2 novembre 1945 créa le titre d’Officier de la Résistance avec remise de la Médaille de la Résistance avec Rosette.
L’attribution de la Médaille de la Résistance à un militaire pour acte de résistance en territoire occupé ou contrôlé par l’ennemi entraînait le bénéfice de la campagne double ( ordonnance du 7 janvier 1944 ).
Les titulaires reconnus coupables de tout acte, contraire à l’honneur ou la probité, commis depuis l’attribution de la médaille ou antérieurement à celle-ci mais découvert ultérieurement et porté à la connaissance de la Commission d’attribution de la médaille, peuvent ce voir retirée celle-ci par décret.
Elle n’est plus décernée depuis le 1er avril 1947, sauf pour les Déportés et Internés de la Résistance ( décret du 23 septembre 1950 ), les autres membres de la Résistance et les personnels des Forces Françaises Libres morts pour la France ( décret du 28 juin 1962 ), à qui elle est attribuée à titre posthume. Ce délai est prolongé jusqu’au 31 décembre 1947 pour les actions de résistance en Indochine ( décret du 30 décembre 1947 ).
La chancellerie de l’Ordre de la Libération est chargée de l’administration des services de la Médaille de la Résistance.
C'est, environ, près de 64 000 médailles qui ont été attribuées, dont 20 000 à titre posthume. 

BÉNÉFICIAIRES 

La Médaille de la Résistance récompensait les personnes ou les collectivités françaises ayant :

¨  pris une part spécialement active depuis le 18 juin 1940 à la résistance contre les puissances de l’Axe et leurs complices sur le sol national ou en territoire relevant de la souveraineté française ;

¨  pris une part effective et importante au ralliement de territoires français à la France combattante ou rendu des services signalés dans l’effort de guerre de ces territoires ;

¨  joué un rôle éminent à l’étranger dans la propagande et dans l’action des organisations destinées à grouper et à soutenir les efforts de la Résistance ;

¨  rallié des troupes, des navires ou des avions dans des conditions exceptionnelles de difficultés ou de dangers ;

¨  rejoint les Forces Françaises Libres dans des conditions particulièrement dangereuses et méritantes. 

Cinquante cinq médailles, dont quinze avec rosette, ont été attribuées à des collectivités.
Suite à l’ordonnance du 2 novembre 1945, elle a pu être attribuée à titre exceptionnel et rétroactif, aux étrangers qui se sont distingués dans l’accomplissement des mêmes actes.

COLLECTIVITÉS DÉCORÉ ES DE LA MÉDAILLE DE LA RÉSISTANCE 

Entre parenthèses, la date du décret et la lettre R pour une attribution de la médaille avec rosette. 

COLLECTIVITÉS MILITAIRE

École militaire préparatoire technique de Tulle ( 24/04/46 R ) ; Brigade de gendarmerie de la Chapelle-en-Vercors ( 14/06/46 ) ; Groupe de bombardement              « Bretagne » ( 03/08/46 R ) ; Sous-marin CASABIANCA ( 03/08/46 R ) ; Sous-marin "Le GLORIEUX" ( 20/11/46 R ) ; Corvette ACONIT ( 29/11/46 ) ; Corvette ALYSSE ( 29/11/46 ) ; Aviso COMMANDANT-DOMINE ( 29/11/46 ) ; Aviso COMMANDANT-DUBOC ( 29/11/46 ) ; Sous-marin VENUS ( 29/11/46 ) ; Contre-torpilleur LÉOPARD ( 29/11/46 ) ; Sous-marin MARSOUIN ( 29/11/46 ) ; Corvette MIMOSA ( 29/11/46 ) ; Sous-marin NARVAL ( 29/11/46 R ) ;             Aviso SAVORGNAN-DE-BRAZZA ( 29/11/46 ) ; Sous-marin SURCOUF ( 29/11/46 R ) ; École militaire préparatoire d’Autun ( 31/03/47 R ) ; 1er régiment de fusiliers marins ( 31/03/47 R ) ; 13ème demi-brigade de Légion étrangère ( 31/03/47 R ) ; Patrouilleur POULMIC ( 31/03/47 ) ; 1er régiment d’infanterie ( 31/03/47 ).

 LOCALITÉS

Ville de Meximieux, dans l’Ain ( 22/09/45 ) ; Commune de Terroux, dans le Lot ( 22/09/45 ) ; Village de Bethincourt, dans la Meuse ( 15/10/45 ) ; Commune de     la Chapelle-en-Vercors ( 15/10/45 ) ; Commune de Saint-Nizier-du-Moucherotte, en Isère ( 15/10/45 ) ; Ville de Thônes, en Haute-Savoie ( 15/10/45 ) ; Ville de Caen, dans le Calvados ( 24/04/46 R ) ; Commune de Caniac, dans le Lot ( 24/04/46 R ) ; Ville de Montceau-les-Mines, en Saône et Loire ( 24/04/46 ) ; Nouvelle-Calédonie et dépendances ( 24/04/46 ) ; Ile de Sein ( 27/08/46 R ) ; Ville de Lyon ( 20/11/46 R ) ; Ville de Nantua, dans l’Ain ( 16/01/47 ) ; Ville d’Oyonnax, dans l’Ain ( 16/01/47 ) ; Ville de Brest, dans le Finistère ( 31/03/47 ) ; Commune de Marsoulas, en Haute-Garonne ( 31/03/47 ) ; Commune de Tavaux, dans l’Aisne        ( 31/03/47 ) ; Commune de Saint-Nicolas-Plougasnou, dans le Finistère ( 31/03/47 ).

 COMMUNAUTÉS, ÉCOLES, HÔPITAUX

Hôpital de Cahors ( 17/05/45 ) ; Hôpital de Saint-Céré, dans le Lot ( 17/07/45 ) ; Abbaye de Thymadeuc-en-Rohan, dans le Morbihan ( 03/01/46 ) ; Soeurs de Niederbronn, Saales, dans le Bas-Rhin ( 24/04/46 R ) ; Lycée Lalande de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain ( 03/10/46 ) ; Université de Strasbourg ( 31/03/47 R ).

 COLLECTIVITÉS DIVERSES

Association des Français Libres de Grande-Bretagne ( 31/05/43 ) ; Police d’état de la ville d’Alger ( 26/03/45 ) ; Résistance P.T.T. ( 13/07/45 ) ; Radio-Brazzaville   ( 03/01/46 R ) ; Sapeurs-pompiers de la ville de Belfort ( 03/01/46 ) ; Corps urbain des gardiens de la paix de Nice ( 25/04/46 ) ; Scouts routiers de Belfort, clan Guy de la Rigaude ( 24/04/46 ) ; Fédération de la Presse clandestine ( 31/03/47 ) ; Résistance Fer ( 31/03/47 R ).

CARACTÉRISTIQUES

 RUBANS

 Largeur de 36 mm.
Noir traversé verticalement par six bandes rouges, dont deux latérales de 3 mm de large, deux médianes de 1 mm espacées de 2 mm et de deux intermédiaires de 1 mm distantes des médianes de 6 mm.
Une rosette de 28 mm sur le ruban de la Médaille de la Résistance avec Rosette. 

INSIGNES

 Médailles rondes en bronze, du module de 37 mm.
Dessin du capitaine MELLA des Forces Françaises Libres.

Sur l’avers    : un bouclier frappé de la croix de Lorraine avec la date en chiffres romains
                      XVIII . VI  MCMXL  ( 18 juin 1940 ).

Sur le revers : l’inscription  PATRIA  NON  IMMEMOR  ( la Patrie n'oublie pas ).

La bélière était fixe, en forme de triangle tronqué renversé.
Sur le premier modèle fabriqué à Londres en 1945, la devise du revers était inscrite en petits caractères droits.
Vers 1950, cette devise sera réalisée en grands caractères italique.

 

ANNEXES         

A compléter (voir qualité de l'original du livre d'or car la copie n'est pas exploitable)